Les limites du soin


Il arrive parfois qu ‘un soin ne fonctionne pas. Qu’après plusieurs séances et plusieurs techniques, rien ne veuille faire disparaitre les douleurs ou les gênes du patient que l’on traite.

Ça m’est arrivé dernièrement. Jusqu’ici, j’étais toujours très impressionnée par la façon dont l’énergie circulait et émerveillée par la rapidité avec laquelle elle touche au but en quelques minutes. Mais dernièrement, une femme est venue me voir et rien ne marche sur elle.

Madame J. prend contact avec moi et m’explique de façon confuse tous les événements de ses dernières semaines. Une forte dispute avec une amie d’enfance, une volonté d’évoluer vers des thérapies énergétiques plutôt qu’holistiques, l’impossibilité d’arriver à faire entendre raison à son amie d’enfance que les plantes c’est mieux que l’aspirine, la colère, les brûlures d’estomac constamment et là, ce n’est plus possible : “Vous coupez le feu, coupez moi ces brûles d’estomac!”

Pendant que Madame J. parle, j’entends colère, refus de s’adapter, volonté de tout contrôler, rancoeur, cerveau qui tourne en boucle sur un événement non digéré. Non digéré? tiens donc, brûlure d’estomac… J’explique à Madame J. que tant qu’elle sera dans le refus d’accepter les gens et les événements, les idées telles qu’elles se présentent, tant qu’elle sera en colère (contre elle-même de n’avoir pas su être plus tolérante envers son amie d’enfance) tant qu’elle ruminera cet événement et sûrement beaucoup d’autres avant celui-ci d’ailleurs, elle sera sujette aux brûlures d’estomac.

Madame J. marmonne, “oui, je sais on me l’a déjà dit mais vous comprenez à mon âge, j’ai plus envie de m’encombrer de gens qui ne vont pas dans le même sens que moi”. J’entends bien, mais encore faut-il l’accepter, vous accepter… Mais elle coupe court et veut directement passer au soin.

J’aurai dû à ce moment déjà prendre conscience que ce serait difficile, mais je ne m’inquiète pas, je laisse les gens accueillir les informations que je leur donne à leur façon, l’important étant de donner l’information.

Je pratique le soin et Madame J. s’en va.

15 jours plus tard, elle me contacte de nouveau. Elle commence par me dire que la dernière fois, comme elle a bu du Thym, ça l’a bien calmée, mais que le soin en lui même ne lui a pas fait grand chose. Mais elle désire me revoir quand même pour faire un autre essai. Très bien, on fait une seconde pratique où je redonne les mêmes informations de lien corps/esprit. Et je me rends compte pendant le soin, qu’elle attend que toutes les réponses viennent de l’extérieur, elle attend un miracle, sans se remettre en question, sans être active de sa guérison, sans désirer vraiment aller mieux.

Peu de temps après, elle me rappelle pour me dire que ça n’a pas fonctionné, elle a toujours d’horribles brûlures d’estomac. Je lui demande si elle a pu réfléchir plus profondément aux causes de sa douleur concernant les informations que je lui ai donné et elle repart en boucle sur ses rancœur, tout venant des autres. Je lui ai expliqué qu’un processus de mieux être devait être voulu au plus profond de soi, vraiment et qu’il arrive que parfois, on ne soit pas prêt à se débarrasser de ses souffrances par peur de ne plus exister aux yeux des autres et que dans ce cas, personne ne pourrait l’aider vraiment.

Il est ainsi que si la souffrance est ce qui nous caractérise, si elle est la façon de nous définir afin de pouvoir se plaindre et donc faire en sorte que les autres s’occupe de nous et nous donnent l’impression (illusoire) d’être aimés, on aura beau dire et faire, aucun remède ne fonctionnera car au fond de soi, la personne ne désire pas être guérit. Car si ne plus avoir mal est un besoin qui s’exprime, ne plus être dans la souffrance serait remettre en cause tout un système de fonctionnement et l’égo serait perdu, il ne peut pas laisser faire ça.

Voilà une des limites du soin. Quand à moi, cette expérience m’a appris à me détacher du résultat du soin. Je suis l’instrument de l’énergie, l’instrument de Dieu qui va permettre de donner les clé vers un mieux être, mais je ne suis pas responsable de ce l’autre fait de cette énergie de guérison.

Ne pas s’attacher était ma leçon.

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